Maurice Asséo

 

M a u r i c e A s s e o

t r è s p o r t r a i t

 

E N T R E T I E N  R É A L I S É  P A R  M U R A T V . E R P U Y A N

 

Il se présente à nous sans masque ni mascarade. C’est l’enfant de la Turquie qui jette sur son pays « d’origine « un regard sans nostalgie. C’est le témoin du monde qui observe les gesticulations politiques sans naïveté. « L’Europe pourra regretter la Turquie lorsque celle-ci n’aura plus besoin d’elle ». C’est surtout le photographe qui n’a cessé de capter des images au fil de ses voyages aux quatre coins du monde. A vue d’oeil. Furtivement. Maurice Asseo très portrait.

Maurice asseo portrait nb

Maurice Asseo, peut-on dire que vous êtes franco-turc ?

Mes parents étaient citoyens turcs, mon père est né à Edirne et ma mère en ThraceOccidentale, installés à Paris, où je suis né. Lorsque les Allemands sont entrés en France en 1939, mes parents ont jugé plus sage de retourner à Istanbul où, en définitive ils ont fini leurs jours et j’ai terminé mes études d’ingénieur électricien au Robert College avant de revenir en France (Grenoble) - après mon service militaire à Balýkesir et m’être marié à Istanbul - effectuer une maîtrise en aménagement du territoire. Je suis resté une dizaine d’années à Grenoble avant d’être recruté par le FAO à Rome.

Quatre ans plus tard je suis passé à la Banque mondiale, à Washington, où j’ai terminé ma carrière vingt ans plus tard (fin 1987) en tant qu’économiste agricole principal.

Le monde à vue d’oeil

Et la passion de la photographie ?

Il s’agit là pour moi d’un sujet énorme... Disons que je me considère comme un amateur (au sens noble du terme) de la photographie, sans préférence d’un sujet ou un autre, mais me laissant guider par mon instinct. Ayant été amené à beaucoup voyager dans ma vie, le «travel photography» semble prédominer parmi les quelques soixante mille photos que j’ai en stock (après m’être débarrassé des photos de moindre intérêt ou qualité). J’aime surtout créer des présentations multi-média, allant de dix à soixante minutes et combinant entre 60 et 300 diapositives avec un texte de mon cru et un fond musical approprié.

Quels sont les photographes que vous appréciez en Turquie et dans le monde ?

En Turquie, je voudrais citer Izzet Keribar,avec qui nous avons fait de très nombreux voyages, aux quatre coins de la Turquie mais aussi au Maroc, en Inde, en Chine, dans l’Ouest des Etats Unis, au Népal, au Bhoutan,etc.... D’autres amis photographes tels que Yusuf Tuvi ou Ibrahim Zaman ont aussi participé à plusieurs de ces voyages.Dans le monde, mon préféré est sans aucun doute Henri Cartier-Bresson, suivi d’Arnold Newman. Par contre, Ansel Adams, l’idole des photographes américains, me laisse indifférent.

Pourquoi avez-vous opté pour les diapositives au détriment du digital ?

Au départ, parce que j’étais particulièrement intéressé par les projections de shows. Aujourd’hui, il serait possible de faire des projections digitales, mais (à mon âge ?) j’ai la paresse de faire la transition. Cela ne m’empêche pas de scanner mes meilleures diapositives et de les traiter ou même de les transformer éventuellement par un programme tel que Photoshop.

L’arrivée du numérique change énormément l’univers de la photographie. De nos jours tout le monde est photographe et peut capter des images, ne serait-ce que par son téléphone portable. Comment voyez-vous cette évolution ? Est-ce que l’art de la photographie subit une mutation ?

Non. Quel que soit le moyen par lequel une photo est captée, l’art de la photographie reste le même : le choix d’un sujet, le placement de celui-ci dans le cadre de l’image, le traitement de la lumière, la simplicité du résultat, etc... Ceci dit, une photo faite avec un téléphone portable ne peut servir que de témoignage en cas d’accident, à fournir à votre assurance automobile.

Vous avez du recul, notamment de par votre domiciliation américaine mais aussi par votre passé à la Banque mondiale, puis-je vous demander vos remarques sur l’évolution de la Turquie ces dernières décennies.

Sur le plan économique je ne peux que constater d’énormes progrès. Sur le plan social,j’attends avec impatience et curiosité l’abolition du 301. Je dois dire que j’ai été très impressionné par la réaction spontanée de la population après l’assassinat de Hrant Dink.

De même comment voyez-vous la France d’aujourd’hui, la francophonie ?

Je ne me sens pas capable d’émettre une opinion éclairée sur ce sujet.

Retournez-vous souvent en Turquie ? Quels y sont vos points de chute ?

J’y retourne environ une fois par an, parfois plus souvent. Mon point de chute principal est Istanbul, mais pratiquement chaque voyage s’accompagne d’un tour dans les divers coins de l’Anatolie, d’Edirne à Hakkari et d’Artvin à Bodrum.

Arrivez-vous à suivre la vie culturelle en Turquie ? Lisez-vous des auteurs turcs ?

Pas vraiment, à part des visites dans des musées ou à des expositions. Et à part Orhan Pamuk, je n’ai pas lu grand chose en turc ces dernières années.

J’aimerais aussi avoir votre analyse sur le débat que suscite la question de l’adhésion de la Turquie à l’UE,dans les pays européens, mais surtout en France ?

J’ai assisté récemment à une conférence donnée par l’Ambassadeur allemand à Washington. Il a dit, entre autres, que l’UE attache beaucoup de valeur à la différence (de cultures et langues) et qu’un pays ne peut pas être admis en son sein tant qu’il n’a pas résolu ses problèmes bilatéraux. Je lui ai fait remarquer que Chypre y avait été admise nonobstant ses divisions internes et lui ai demandé si dans le cas de la Turquie on doit paraphraser George Orwell en disant que «tous les pays sont différents mais certains le sont trop». Mes remarques sont restées sans réponse. Plus récemment, M. Sarkozy a dit que la Turquie ne pouvait être admise à l’UE, n’étant pas un pays européen.

Et Chypre alors ? Je crois qu’il n’y a pas trop à espérer.A mon humble avis, la Turquie a fait beaucoup de progrès politiques et sociaux grâce aux exigences de l’Europe mais lorsqu’elle aura totalement répondu à toutes ces exigences,elle n’aura plus besoin de l’Europe.

Il semble que les remarques pertinentes dérangent et on ne s’en sort que par le silence… Merci beaucoup pour vos réponses et aussi pour les belles photos que vous nous avez permis de publier dans ce numéro.

 

Barre vert prom haies

Maurice Asseo est né à Paris et a grandi à Istanbul. Il reçut à l’âge de dix ans son premier appareil photographique, un simple Kodak Brownie, en cadeau de son père, diplômé de la Sorbonne en sciences et mathématiques mais aussi poète.

La photographie de Maurice, qui ne résulte pas d’études formelles dans ce domaine mais reflète son don de la poésie, couvre un large domaine allant de photos d’action - de préférence de gens simples effectuant des tâches simples, à des photos de la nature, des dérivations (le sujet de son exposition à Georgetown) et des images abstraites. La composition rigoureuse de ces images est influencée par sa formation mathématique et par les quelques mises en scène théâtrales qu’il réalisa dans sa jeunesse. Ceci dit, nonobstant son éducation scientifique et technique, Maurice reste toujours émerveillé par la magie qu’il perçoit dans l’apparition d’une image sur une feuille de papier vierge.

Invité à présenter ses dix photos préférées lors d’une réunion de son club, il avait commencé par montrer une image plutôt terne de ses parents. C’était la toute première photo qu’il avait faite.

Il a voyagé dans plus de quatre-vingt pays pour son travail comme pour son plaisir et en a ramené une ample collection de photos de pays tels que la Turquie, dont il connaît tous les recoins, le Maroc, l’Egypte, l’Inde, le Népal, le Bhoutan, la Chine, le Brésil, l’Europe de l’ouest, le Canada, l’Afrique occidentale et centrale et les Etats-Unis.

Il a publié dans le PSA Journal des articles sur l’esthétique et la technique de présentations multimédias,sur la «légitimité» des dérivations photographiques et sur le rôle éducatif des clubs de photo. Il a jugé de nombreux concours et donné des cours de composition photographique, dont il a réuni les notes sous forme de manuscrit illustré.

Maurice Asseo est un des anciens présidents de l’International Photographic Society de la Banque mondiale et du FMI, où il s’est vu décerner à huit reprises le titre de «Photographe de l’année» et, à cinq autres occasions, a eu une de ses photos choisies comme «Photographie de l’année». .Membre de la Cooperative Partners Gallery de Bethesda, au Maryland, depuis de nombreuses années, il a reçu plusieurs prix du Greater Washington Council of Camera Clubs, dont il a aussi été le président, ainsi qu’un prix du National Geographic Traveler.L’Assemblée des associations turco-américaines (ATAA) l’a honoré en 2001 de son prix Outstanding Achievement in the Arts.Ses photos ont été exposées à la Banque mondiale, au FMI, à l’Ambassade de France à Washington, dans les locaux de l’Organisation des photographes d’Istanbul (IFSAK) (ceci dans le cadre du programme de la conférence internationale «Habitat II»), à la Galerie Okuda International de Georgetown (Washington), au Maryland, à Orlando (Floride), à l’Ile des Soeurs et au Centre culturel de Verdun (Montréal) et même, à une occasion, à Pékin.

M. Asseo n’a travaillé qu’avec des diapositives. A l’époque où il vivait à Rome,il a réalisé Bouillon de Cultures, projection accompagnée d’un poème narratif de son cru sur la condition humaine. Chimères, réalisée en français peu après son arrivée à Washington fut traduite en anglais et obtint en 1981 la médaille d’or au concours annuel de présentations multimédias du Photographic Society of America (PSA).Il en fut de même de But a Little Way to Flutter qu’il présenta l’année suivante.

A ce jour, Maurice Asseo a réalisé une quinzaine de présentations. Plusieurs de ces oeuvres sont poétiques ou philosophiques ; d’autres sont humoristiques. Ces réalisations ont été présentées dans la région de Washington à plusieurs occasions,y compris au Cosmos Club, où il a été admis comme membre en 2005,mais aussi dans d’autres villes des Etats- Unis ainsi qu’à Vancouver, Brasilia, Rome,Ankara et Istanbul.

Sa réalisation la plus connue, The Bosporus and Beyond, décrit l’héritage laissé par les nombreuses civilisations qui, au fil des siècles, ont vu le jour en Anatolie et à Istanbul. A Road Into the Amazon raconte la vie des colons de cette région, dont Maurice Asseo a suivi les périples de 1979 à 1984 dans le cadre de missions de la Banque mondiale.

Parmi ses dernières réalisations, Nilotic Invocation s’adresse aux anciens dieux de l’Egypte, Carnival in Venice se penche sur le passé et le présent de ce phénomène culturel et Booming China décrit l’évolution récente étonnante de ce pays.

 

The Bosporus and Beyond

Album Photos Maurice Asseo

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Lvre photos bosphore asseo

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INTERVIEW MAURICE ASSEO

Maurice Asseo'dan Yeni Kitap: Boğaz ve Ötesi

Un nouveau livre du détroit et au-delà

« Le Bosphore et au-delà » le nouveau livre de Maurice Asseo comprend trois parties.L’Anatolie,Les portraits et les paysages.

Fotoğraf sanatçısı Maurice Asseo Bosporus and Beyond (Boğaz ve Ötesi) adlı bir kitap yazdı. Yeni çıkan kitap üç bölümden oluşuyor ve Anadolu'yu, Anadolu insanını ve Türkiye'nin yöresel güzelliklerini gözler önüne seriyor. Maurice Asseo'yla Hülya Polat konuştu. Amerika'nın Sesi'nin haberi.

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Video mise en ligne le 16 avr. 2011

 

Maurice asseo portrait 2

 

Mahaweli Ganga-Colombo Juin 1972

 

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Groupe

Publié sur le site ARSA le 12 Avril 2017

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Date de dernière mise à jour : 2017-05-06