Histoire de Sogreah 1917-2003

 

Histoire de Sogreah 1923-2003

Sogreah Historique 1923 2003

 

L’article écrit par J Gaillard en 2003 dans la revue de PCM LE Pont une publication de l’Union des Ingénieurs des Ponts, des Eaux et des Forêts relate l’historique de la société Sogreah depuis 1923.

L’article contient  un très intéressant rappel de l’historique des sociétés qui ont rejoint le groupe depuis 1985.LCHF en 1985,Praud à Nantes en 1997 puis Best à Pontivy , Etudes et Projets d’Echirolles en 1999 , et Daragon de Marseille en 2001.Les noms des personnes  citées dans cet article ont été  soulignés dans ce texte extrait du PDF original que vous pouvez lire en cliquant sur ce lien. Aller ensuite aux pages 30 31 32 33 34.

CM 28 Mars 2017

http://www.unipef.org/sites/unipef/files/PCM/2003/2003_02_ch02.pdf

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Vous avez dit ingénierie ?

 

Que de fois n'avons-nous pas rêvé être tout simplement dentiste, avocat ou pilote de ligne, bref un de ces métiers dont le nom suffit à lui tout seul à définir sans aucune ambiguïté son objet.

Cette ingénierie, si mal connue, contribue pourtant depuis des décennies à construire notre pays et constitue l'un des acteurs clés de l'aménagement du territoire. L'histoire presque centenaire de Sogreah et de ses filiales qui constituent aujourd'hui notre groupe d'ingénierie est à ce titre exemplaire des formes d'expression que notre métier a pu prendre tout au long du XXème  siècle, tant en France qu'à l'International.

Jacques gaillard article 2003

 

 

 

 

 

 

 

Jacques GAILLARD ICPC 78

Président-directeur général de Sogreah Président du Bureau Infrastructure de Syntec Ingénierie

Après plusieurs postes occupés chez EDF, à l'Ecole Nationale des Ponts et Chaussées,  puis à l'Agence de l'Eau Rhône-Méditerranée-Corse, est entré à Sogreah en 1988.Il y a occupé plusieurs postes de direction, avant de devenir en 1996 directeur général de Sogelerg-Sogreah, alors filiale d'Alcatel. Fin 1998, il a finalisé le rachat de Sogreah par ses cadres. Il en est aujourd'hui président-directeur général et principal actionnaire.Depuis septembre 2001, il est en outre président du Bureau Infrastructure de Syntec Ingénierie. Février 2003

 

Une ingénierie de spécialité,née au cœur des Alpes et de la révolution industrielle

 

Tout a commencé à la fin du XIXème  siècle lorsque  des industriels audacieux qui avaient pour nom Matthussière, Berges, Neyret, ont su utiliser la force mécanique, puis le potentiel hydroélectrique de la houille blanche des sommets alpins pour développer près de Grenoble une industrie papetière florissante.

Le papetier Neyret et le mécanicien Beylier unirent en 1917 leurs savoir-faire avec les Suisses Picard et Pictet pour créer les ateliers NBPP, spécialisés en matériel hydraulique. Ils deviendront en 1948 Neyrpic (aujourd'hui Alstom Power Hydro), qui s'imposera comme un leader mondial des équipements hydrauliques et hydroélectriques.

Dans ce paysage très industriel, Sogreah voit le jour en 1923 sous la forme du Laboratoire Dauphinois d'Hydraulique. Totalement intégré aux ateliers NBPP, il en est le laboratoire d'essai où sont mis au point les équipements hydrauliques commercialisés par l'entreprise.

A partir d'un savoir-faire issu donc des machines hydrauliques, ce sont bientôt toutes les techniques des aménagements hydrauliques sous toutes leurs formes qui sont maîtrisées par les ingénieurs du Laboratoire Dauphinois. Leur maîtrise des modèles physiques et des lois de similitude qui les régissent en font rapidement des spécialistes mondiaux de ces techniques. C'est ainsi qu'en novembre 1944, l'armée américaine prête à franchir le Rhin s'adresse à eux pour étudier en un temps record les risques qu'elle pourrait courir, au cas où les Allemands feraient sauter les barrages construits en travers du fleuve (comme ils l'avaient fait quelques mois plus tôt en Italie sur le fleuve Garigliano). Cette étude fut l'un des faits d'armes du laboratoire qui contribua fortement à sa notoriété internationale.

Et c'est en mars 1955 qu'une dizaine d'ingénieurs réunis autour de Pierre Danel, décident de constituer le laboratoire en société autonome, filiale de Neyrpic : Sogreah est née.

L'activité de l'entreprise s'organise autour de deux pôles principaux : l'hydraulique industrielle,héritière des origines même du Laboratoire Dauphinois,et l'aménagement du territoire qui, depuis longtemps, constituait une part importante de l'activité, notamment dans le Maghreb et l'Afrique Noire française. Ces deux pôles vivant sur des clients et des savoir-faire très différents, la scission de l'entreprise s'impose bientôt comme une nécessité. Elle devient effective en 1972, peu après que Neyrpic ait de son côté rejoint le Groupe Alsthom,puis la Compagnie Générale d'Electricité. L'activité d'hydraulique industrielle est en fait réintégrée dans Neyrpic dont elle redevient l'un des pôles d'activité sous le nom de Neyrtec. Quant à l'activité aménagement du territoire, elle reste dans Sogreah dont elle constitue désormais le cœur de métier. A cette occasion, 50 ans après sa création, Sogreah vit sa première émancipation en quittant le giron de son actionnaire historique Neyrpic. Elle reste néanmoins à l'intérieur du Groupe de la Compagnie Générale d'Electricité, où elle rejoint en 1976 une autre société d'ingénierie, Sogelerg, avec laquelle elle constituera, 15 ans plus tard,le Groupe Sogelerg-Sogreah.

De 1955 à 1985, Sogreah développe une activité  très soutenue, notamment à l'export, ce qui lui permet de s'imposer comme un acteur de tout premier plan sur la scène internationale. Il y a alors urgence à mobiliser la ressource en eau pour faire face aux besoins grandissants de l'agriculture, et Sogreah participe à la construction d'imposants réseaux d'irrigation en France, en Afrique, au Moyen-Orient. La croissance industrielle des pays en développement impose de mobiliser des ressources énergétiques grandissantes avec à la clé pour Sogreah la construction de grands barrages hydroélectriques dans le monde entier, et le développement d'une forte activité maritime et portuaire liée au transport des énergies fossiles. Enfin si l'on parle encore peu d'assainissement à cette époque, l'alimentation en eau potable des centres urbains s'impose déjà comme ce qui sera sans doute l'un des défis majeurs de notre XXI ème siècle.

En 1985, Sogreah reprend le Laboratoire Central d'Hydraulique de France (LCHF) et son laboratoire de sédimentologie marine, qui fait du nouvel ensemble ainsi constitué le leader de l'ingénierie maritime en France et un acteur de tout premier plan sur la scène internationale. Pour Sogreah, ces années sont jalonnées de projets de grande ampleur qui, les uns après les autres, consolident sa notoriété internationale :

l'aménagement hydroélectrique de Vidalia aux Etats-Unis, le port de Mogadiscio en Somalie, les aménagements d'Itaïpu au Brésil, de Khashm El Girba au Soudan, et de Paldang en Corée, les projets d'irrigation de la plaine d'Esfahan en Iran,de Kirkuk en Irak et de l'Office du Niger au Mali,l'alimentation en eau de Damas à partir des sources de Figeh, la modélisation mathématique du fleuve Mékong,et en France l'usine marémotrice de la Rance et les projets de désensablement du Mont Saint-Michel...

Mais Sogreah, c'est surtout une succession d'innovations et de personnalités parfois hors du commun qui ont marqué le développement des techniques. Pierre Danel et Francis Biesel ont donné à la modélisation physique ses lettres de noblesse. La modélisation numérique a, de son côté, été fortement marquée par les apports d'Alexandre Preissmann et de Jean Cunge. Arnaud Chevallier a mené l'équipe qui a mis au point le Tétrapode, l'un des grands brevets de Sogreah dans le domaine maritime, qui a donné naissance à l'actuel Accropode®, et son dérivé l'Ecopode®. Charles Blanchet enfin marqua incontestablement l'histoire de l'hydraulique fluviale. C'est certainement cette capacité d'innovation appliquée à la réalisation de grands projets qui a permis de construire au fil des ans la réputation internationale de Sogreah. L'ingénieur-conseil doit être à la fois inventeur et aménageur : c'est certainement ce qui fait la grandeur de notre métier.

Les années 1990 marquent une nouvelle étape dans l'évolution de la stratégie de Sogreah. Le marché français s'ouvre de plus en plus à l'ingénierie privée et l'entreprise décide d'y augmenter significativement son activité afin de mieux équilibrer les parts de marché respectives de la France et de l'International. C'est alors que l'histoire de Sogreah va croiser celle d'une autre ingénierie qui depuis 50 ans se développait selon une toute autre logique sur le marché hexagonal.

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Une ingénierie de proximité, née au cœur des régions et de la reconstruction d'après-guerre

Nantes, 1937: Marcel Praud, ingénieur ETP, fonde son propre cabinet d'ingénieur-conseil dont la vocation affichée est la maîtrise d'oeuvre des travaux d'eau et d'assainissement des agglomérations urbaines et des collectivités rurales. Il faut dire que la tâche est immense : au début du XX ème siècle, seules 300 villes de plus de 5 000 habitants disposent d'un réseau d'eau sous pression, et seules 90 d'entre elles possèdent un réseau d'assainissement plus ou moins sommaire. Les politiques d'Hygiène Publique engagées dès la fin du XIX ème  siècle connaissent alors un développement spectaculaire : tout est à faire, Le Cabinet Praud s'attelle à la tâche.

Saint-Nazaire, 1945

Tout cet effort de développement se trouve totalement enrayé par les ravages de la 2eguerre mondiale. Au lendemain des bombardements alliés, la ville de Saint-Nazaire (60 000 habitants) n'est plus qu'un champ de ruines. Le Cabinet Praud, dont l'activité avait été mise en sommeil pendant la guerre, se met au service de la reconstruction et met son savoir-faire à disposition de chaque commune qui devait faire face à une tâche considérable. Bientôt, près de 10 personnes travaillent pour la seule ville de Saint-Nazaire, et prennent en charge l'ensemble des travaux d'eau et d'assainissement, Des liens étroits se créent entre Marcel Praud et Pierre Koch,directeur de l'eau et de l'assainissement de la ville de Paris, car, à cette époque non seulement tout est à reconstruire, mais tout reste à inventer, La ville de Saint-Nazaire constitue un laboratoire grandeur nature pour la mise en place, dans une ville de cette taille, de réseaux d'assainissement séparatifs. L'innovation se décline au quotidien,sur chaque nouvel ouvrage équipant le réseau,jusqu'à la station d'épuration qui fut l'une des toutes premières stations à boues activées.

Au-delà de Saint-Nazaire, c'est tout le Grand Ouest qui fait alors appel aux capacités du Cabinet Praud : Niort, Laval, Angers, La Baule, Saint-Herblain,Orvault, Quimperlé...

De cette expérience unique naît une culture d'entreprise très forte fondée sur le service de proximité aux collectivités locales. D'un savoir-faire d'origine essentiellement tourné vers l'eau et l'assainissement, ce sont bientôt tous les métiers del'aménagement urbain qui sont pris en charge par les équipes de Praud. Les énormes besoins de logements et de surfaces industrielles urbanisées apparus dans les années i960 vont donner lieu à la création,sur l'ensemble du territoire, de très nombreuses opérations d'aménagement (ZAC, ZUP, ZL.) de villes nouvelles et de lotissements publics ou privés. La conception et la maîtrise d'œuvre de ces opérations complexes vont faire naître le besoin d'une ingénierie capable de maîtriser la conception et la mise en œuvre de la voirie et de l'ensemble des équipements publics d'infrastructures intervenant dans ces opérations, et de les coordonner dans le temps et dans l'espace. Yves Praud,fils du fondateur, et son beau-frère Pierre Beurier, relèvent le défi,diversifient les activités du cabinet et en font un acteur incontournable de l'aménagement urbain.

Grenoble, 1948 :

L'Ouest de la France n'est bien sûr pas le seul à avoir payé un lourd tribut à la guerre. Le maquis du Vercors a marqué héroïquement cette tranche d'histoire de notre pays. Au lendemain de la guerre, ceux qui avaient risqué leur vie pour défendre un certain idéal de liberté se retrouvent eux aussi face aux dures réalités de la reconstruction. Ils seront chefs d'entreprise, fonctionnaires, élus locaux... et tous  ensemble se mettent au travail. En 1948. Emile Gardet (un ancien de Neyrpic, maison mère de Sogreah !) et Robert Teste (technicien du Génie Rural, ancêtre de nos actuelles DDAF) décident d'unir leurs destins : Etudes et Projets est né, Ils ont la confiance des élus des grandes communes de la Région : Grenoble, Echirolles, Fontaine, Saint-Martin-d'Hères, Pont-de-Claix... mais aussi de toutes les communes rurales qui font la trame du tissu socio-économique de nos régions. Le Sierg,syndicat d'eau nouvellement créé pour assurer l'alimentation en eau de la région, fait tout naturellement appel aux compétences d'Etudes et Projets, qui va bientôt assurer la maîtrise d'œuvre de tous les travaux d'adduction d'eau du syndicat.

Grenoble, 1968

Les jeux olympiques d'hiver 1968 constituent un tournant décisif dans le développement de l'agglomération grenobloise. Si le public français en a surtout retenu la triple médaille olympique de Jean-Claude Killy, les Grenoblois eux n'ont pas oublié le formidable élan économique que l'organisation de ces jeux a donné à la région, De 1965 à 1968, Etudes et Projets répond sans défaillance aux exigences du Sierg qui doit absolument sécuriser l'alimentation en eau de l'agglomération avant la date fatidique des jeux : puits et ouvrages de captage, stations de pompage,réservoirs, télécommande et télégestion des ouvrages: tout est à faire.

Cette expérience unique sera ultérieurement reproduite dans toute la région, et peu des grands chantiers d'adduction d'eau et d'assainissement échappent alors au cabinet grenoblois : Chambéry, Bourg-d'Oisans, Voiron, Moirans...

Lorsqu'en 1979 Jacques Bachelery, neveu de Robert Teste, reprend l'entreprise, elle est déjà diversifiée sur l'ensemble des métiers de l'aménagement urbain. Elle est héritière d'une culture de service aux collectivités locales, et d'une époque où les procédures administratives étant extrêmement simplifiées, seules comptaient la réactivité et la capacité d'innovation et d'adaptation de l'entreprise,

Rabat, 1948

Jacques Daragon a 28 ans. Diplômé de l'Ecole des Ponts et Chaussées, il saisit l'opportunité que lui offrent des camarades dans l'administration, et tente la grande aventure en s'installant à Rabat comme Ingénieur Conseil, Avec le soutien de la Chambre d'Agriculture de Rabat et les encouragements des Ingénieurs de l'Equipement, il fonde le Bureau d'Etudes Technique Indépendant Daragon. Dans le protectorat marocain,il développe les projets d'assainissement, d'irrigation, d'électrification et de voirie. Le bureau prospère et acquiert une solide renommée à Rabat et dans tout le Maroc.

Marseille, 1956

Les bouleversements de l'indépendance marocaine entraînent un ralentissement des programmes d'investissement public, et le jeune Cabinet Daragon doit faire face à une baisse d'activité très sensible. En 1956, Jacques Daragon retourne en France et installe son Cabinet d'Ingénieur Conseil à Marseille, dans sa villa de la corniche.

Le choix de Marseille s'impose à lui à la fois comme port escale naturel du Maghreb, et comme capitale d'une région en plein développement et porteuse de grands projets d'équipements agricoles et industriels. Très vite, le Ministère de l'agriculture lui confie l'aménagement du chenal Olivier-Berne et le Ministère de l'équipement la construction du canal de Martigues. Ces deux projets marqueront par leur importance le développement des territoires de l'ouest de l'étang de Berre, la ville nouvelle d'Istres, le complexe de Fos et la ville de Martigues. Jacques Daragon s'y investit sans compter : le succès est à la clé.

A partir de là, les projets s'enchaînent sur l'ensemble du territoire provençal : canaux, réseaux d'irrigation, adduction d'eau potable, assainissement, voirie... La tâche est immense, la Provence est très en retard d'équipement (les derniers villages de Provence n'auront l'eau potable qu'à la fin des années 80 !...)

A partir du milieu des années 60, la Provence voit se multiplier les programmes d'infrastructures lourds : le canal d'EDF, les autoroutes, le complexe de Fos, les villes nouvelles d'Istres et de Vitrolles... Le nom de Daragon est attaché d'une manière ou d'une autre à chacune de ses opérations.

C'est dans ce foisonnement de projets de toutes tailles que se construit progressivement la culture de l'entreprise fondée sur la proximité et la réactivité.

Les contraintes réglementaires sont faibles, hormis celles imposées par la technique, et les discriminants concurrentiels sont la compétence et la disponibilité.

Au début des années 80, Jacques Daragon prend une retraite méritée et passe les rênes de l'entreprise à Jean-Pierre Jousset qui l'avait rejoint quelques années plus tôt. La société qui compte alors 18 personnes se diversifiera tout au long des 20 années suivantes pour devenir une véritable société de conseil global pour l'aménagement du territoire et de l'environnement La culture dominante de l'ingénieur s'ouvre à d'autres disciplines, universitaire, architecte, urbaniste... Au début du XXI ème siècle, l'entreprise Daragon atteint 45 collaborateurs : c'est alors que son chemin croise celui de Sogreah.

Nantes, Grenoble, Marseille... Trois histoires, trois destins, trois aventures humaines, et pourtant un seul et même métier. Celui du service aux collectivités locales, qui ancre le savoir-faire de l'ingénieur au cœur des régions.C'est ce rôle que joua également de manière remarquable, pendant toute la seconde moitié du XX ème siècle, l'ingénierie publique (que l'Etat mit en place en 1949 pour contribuer à faire face aux besoins immenses de la reconstruction). Et si les services de l'Etat se retirent aujourd'hui progressivement de ces marchés, les besoins eux subsistent et restent considérables. Il appartient aux héritiers de Praud, Etudes et Projets, Daragon, de relever le défi.

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L'ingénierie aujourd'hui, un métier de conseil alliant proximité et technicité

 

Ces différentes histoires ont récemment convergé pour constituer le groupe Sogreah tel qu'il est aujourd'hui.

L'indépendance en est la première caractéristique Fin 1998, Sogreah a définitivement tourné la page de 75 ans d'histoire d'actionnariat industriel. Sortant du giron de ce qui était alors devenu le groupe Alcatel, elle voit aujourd'hui son capital entièrement détenu par les cadres et salariés de l'entreprise. Structure capitalistique qui est l'expression d'un métier dans lequel l'homme tient la place centrale, puisque c'est le seul produit de son intelligence et de son imagination qui fait la valeur de l'entreprise.

Praud avait déjà rejoint le groupe début 1997.Etudes et Projets suivit en 1999 et Daragon en 2001. D'autres opérations de croissance externe eurent lieu pendant cette période, soit pour améliorer le maillage géographique du territoire français, soit pour compléter certains savoir-faire techniques (comme l'acquisition de Best à Pontivy, bureau d'études de structures fondé en 1978 par Charles Kerebel, ingénieur Arts et Métiers, et spécialisé notamment dans les ouvrages maritimes), Si une telle convergence a été possible, c'est bien que derrière ces histoires si différentes se cache une seule et même réalité. L'ingénierie est avant tout un métier de services. Dans le domaine des infrastructures qui nous concerne ici, il s'agit d'apporter à un client, public ou privé, l'assistance qui lui est nécessaire pour mener à bien la réalisation d'un ouvrage. Une telle assistance repose sur 2 fondements : la technicité, qui seule permet de proposer au client les solutions les plus adaptées à son problème, et la proximité, garante d'une capacité d'écoute indispensable à la compréhension de ses besoins. D'une manière qui peut sembler paradoxale à l'heure d'Internet et de la mondialisation, cette  proximité client n'a jamais été aussi importante. Plus le marché mondial s'ouvre, plus l'homme éprouve le besoin d'ancrer davantage ses racines dans un territoire. La relation humaine qui nous lie à nos clients reste une condition essentielle à l'exercice de notre métier.C'est ce qui a conduit le groupe Sogreah à mettre en œuvre en France un réseau géographique qui compte aujourd'hui plus de 25 agences.

Mais ce besoin de proximité s'exprime désormais tout autant à l'international qui représente près de 50 % de l'activité du Groupe. Someah, la filiale historique de Madagascar réunit 70 personnes. Sogreah Middle East, filiale égyptienne, est elle aussi héritière de 50 années de présence de l'entreprise dans le pays. Et Chypre, la Pologne, la Chine sont autant de pays dans lesquels l'activité historique de Sogreah s'incarne désormais au travers d'une implantation pérenne à même d'assurer une présence effective auprès de nos clients. Mais la présence à elle seule ne suffit pas. Le savoir-faire technique est au cœur de notre métier. Et il existe donc aujourd'hui un enjeu considérable à maintenir un indispensable niveau d'excellence technique dans un groupe qui se trouve par nécessité de plus en plus éclaté géographiquement, et issu d'entreprises aux histoires et aux cultures si différentes. Le "knowledge management", capacité à maintenir en réseau le savoir-faire et la capacité technique d'une entreprise, est certainement au cœur de la problématique de nos sociétés aujourd'hui. C'est de la réponse que nous apporterons à ce problème que dépendra la capacité de notre profession à maintenir le niveau d'innovation indispensable à l'exercice de notre métier. Une ingénierie qui n'innove plus est une ingénierie sans avenir, Sogreah est très vigilante à maintenir intacte cette capacité de développement. Elle reste ainsi très présente sur les activités de Recherche et Développement, notamment au niveau européen, et conduit actuellement près de 30 projets en partenariat avec des universités et instituts de recherche français et étrangers. Reste à attendre du marché qu'il nous permette de maintenir des niveaux de rémunération suffisants pour pour suivre effectivement cette recherche permanente d'innovation qui depuis un siècle a fait la force de nos entreprises.Vous avez dit ingénierie ?


Sources du texte ci dessus

Sogreah article PCM LE PONT J GAILLARD Février 2003

PCM – Revue des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts et des diplômés de l’Ecole nationale des ponts et chaussées

Page 30 à 34- PCM Le Pont Février 2003

http://www.unipef.org/sites/unipef/files/PCM/2003/2003_02_ch02.pdf

Source :http://www.unipef.org/sites/unipef/files/PCM/2003/2003_02_ch02.pdf

Publié sur le site internet de l’ARSA le 28 Mars 2017

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Date de dernière mise à jour : 2017-03-28