Pak Mun Dam Mekong River Basin Thailand

 

Pak Mun Dam Mekong River Basin Thailand

Thailand flag pole animated

Début de la page :8 Février 2017

Ajout texte P Cochet 8 Juin 2020

 

Les photos de l'équipe qui a travaillé sur ce barrage sont ici

 

 

Le barrage de Pak Mun

 

Pak Mun Thailande

1 dam pak mun

Wiki le w

https://fr.wikipedia.org/wiki/Barrage_Pak_Mun


Aménagement de Pak Mun en Thaïlande

Texte Pierre Cochet

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  • Le projet de Pak Mun en Thailande a été étudié à la fin des années 60 par SOFRELEC. Ce consortium de sociétés d’ingénieries françaises a été  constitué autour d’EDF afin de répondre aux grands appels d’offres internationaux. Ces études de faisabilité ont donné lieu à un rapport final en 1970 pour l’ensemble du développement hydro-électrique de la rivière Mun.
  • Les études ont été reprises dès 1980 par SOGREAH, à l’aide d’un financement français. Elles ont consisté en une reprise des études de faisabilité, avec comme objectif de développer un projet hydroélectrique capable de produire une électricité de base et de générer également des bénéfices en termes d’irrigation.
  • Compte-tenu des perspectives de développement de la production envisagées par EGAT (Energy Generation Authority of Thailand) qui a repris la responsabilité du projet en 1979, les études ont été ré-orientées en 1985. Elles ont fait suite au déplacement du site du barrage afin de conserver le site touristique des chutes de Kaeng Tana sur lesquelles le projet initial de SOFRELEC avait été envisagé.
  • Ce déplacement de 1,5 km à l’amont des chutes a conduit au creusement d’un chenal de fuite pour compenser la perte d’une partie de la chute. Le projet, ainsi complètement revu, a conduit à la conception d’une usine capable de produire 280 GWh par an et développer une puissance de 81 MW en électricité de pointe.
  • Cette même année, SOGREAH avait également repris les études hydrologiques, conduisant à établir plus précisément la ressource et justifier les productions annoncées. En 1987, afin de répondre aux exigences du réseau d’EGAT en matière de puissance garantie, la puissance installée été poussée à 136 MW, soit 4 groupes bulbes de 34 MW chacun.
  • Ces études ont ainsi conduit à produire le rapport détaillé du projet fin 1989, et dans la foulée établir les documents d’appels d’offres devant être distribués aux entreprises. Dans le même temps, EGAT, avec l’aide d’un consultant local s’était chargé de toutes les études environnementales et sociales.
  • Les équipes de SOGREAH chargées de ces études étaient dirigées à Grenoble par Pierre Alliot et sur place, en résidence par Arnaud Pattou. Les études hydrauliques, en particulier les études sur modèle se sont déroulées à l’université de Bangkok, sous la direction de Sultan Alam.
  • Les travaux ont donc pu débuter dès janvier 1991 avec l’entreprise Italo-Thaï Vianini-Thai.
  • C’est à ce moment que j’ai dû abandonner le projet de Turkwel, pour aller en hâte prendre en charge ce projet de Pak Mun, sur la demande insistante du client.
  • Et c’est Patrick Bonnavion qui était résident sur les lieux, presque à leur démarrage, en tous cas assez tôt pour corriger une grosse erreur de topographie (une paille, 12 m environ en plan…) pour l’implantation du batardeau dans la rivière…
  • Par la suite, Guy Hays a assuré la direction des travaux, avant de rapidement être sollicité par Pierre Bonafé pour partir sur le métro du Caire.
  • C’est alors Jean-Pierre Brault qui a pris en charge cette direction, avec encore une grosse part du génie civil à réaliser, mais avec toute l’efficacité qui était la sienne, en plus de la présence active de Patrick Bonnavion.
  • Accompagnaient ce duo, Jean-Marie Moreaud, en charge des études d’exécution effectuées sur place et plus tard, lorsque les travaux d’électro-mécanique ont commencé sur le site, c’est Jean-Claude Dupinay qui a pris en charge cette partie de l’ouvrage. Ils avaient toute une équipe d’ingénieurs locaux pour les assister, comme c’est souvent le cas pour tous les contrats de supervision des travaux que SOGREAH a pris en charge. A cette équipe, il ne faut pas oublier les experts qui ont suivi de très près, depuis Grenoble, et par des missions rapprochées en Thailande, les travaux d’électro-mécanique et la coordination des travaux : Alain Sabaton et Bernard Soulat.
  • Les groupes bulbes ont été construits par Voest Alpine et les alternateurs par Elin, toutes deux compagnies autrichiennes. Enfin, c’est Metalna, société yougoslave (devenue rapidement slovène) qui était en charge des vannes de l’évacuateur ainsi que l’ensemble de l’équipement hydro-mécanique.
  • L’apport de la coordination de SOGREAH a été essentielle sur ce projet, car EGAT avait signé les lettres d’acceptation des offres des entreprises dans un ordre complétement dispersé. Il était alors devenu totalement impossible de réaliser les travaux.
  • En effet, le génie civil n’était pas suffisamment avancé pour permettre de commencer les travaux d’électro-mécanique et les risques de lourdes réclamations étaient alors bien réels. Heureusement que Microsoft Project existait déjà et que nous avons pu le mettre en place…
  • Il a fallu cependant refaire tous les calculs de structure et pousser le programme d’avancement de Vianini pour permettre la mise en place du pont roulant juste à temps…
  • Je n’ai jamais été persuadé que notre client ait bien compris que nous y avions passé quelques nuits pour lui sauver la mise, et rétablir les approximations de leur programmation. Et, en fin de compte pouvoir mettre les groupes en service, comme prévu en octobre 1994.
  • Ce projet comporte un certain nombre de particularités qui méritent d’être citées : outre les groupes bulbes qui sont parmi les plus gros diamètres installés de par le monde (6,00m de diamètre de roue), ces groupes  étaient les premiers bulbes montés en Asie du Sud-Est.
  • De plus, le barrage fermant la rivière Mun en rive gauche, a été le premier barrage en béton compacté au rouleau (BCR) construit par SOGREAH : long de 300m et haut de 17m, ce n’est pas un ouvrage exceptionnel, mais il a sollicité l’attention des experts internationaux.
  • Ce projet nous a d’ailleurs donné l’occasion de travailler avec des personnalités du domaine des barrages : Barry Cooke, le spécialiste mondial des barrages en enrochements est intervenu comme conseiller d’EGAT (dont il avait épousé l’une des secrétaires, ce qui lui valait une notoriété encore plus affirmée auprès de notre client…). Il est intervenu pour la construction du batardeau en rivière, et Malcom Dunstan, spécialiste mondial des barrages en béton compacté au rouleau…
  • Il reste la polémique : ce projet était-il vraiment un projet justifié pour le développement de la Thaïlande? Il est vrai que ce projet a été parmi les plus contestés de cette fin du XXème siècle, au point qu’il a été pris comme « Case Study » par la World Commission on Dams, (WCD), organisme créé sous l’égide de la Banque Mondiale afin d’analyser un certain nombre de projets contestés.
  • Huit projets en fait ont été étudiés, pour lesquels le financement de la Banque avait été acquis.
  • Pour cette analyse, la Commission Internationale des Grands Barrages (CIGB/ICOLD) avait été considérée comme inféodée à la profession, et par conséquent suspecte de ne pas pouvoir produire une analyse non biaisée des projets.
  • Il est très intéressant de consulter les rapports produits par la WCD. Wikipédia cite le rapport général de la commission, mais il existe pour chacun des projets étudiés un rapport spécifique.
  • Or le rapport pour Pak Mun, en citant les études de SOGREAH, reconnaît implicitement et aussi explicitement la qualité de ces études.
  • Ce rapport conteste cependant les choix d’EGAT pour la puissance installée et l’étude économique de SOGREAH est également remise en question. Mais, que dire aujourd’hui de la comparaison qui aurait conduit selon la Commission à choisir plutôt une centrale à gaz en lieu et place de l’aménagement hydroélectrique!
  • Même en 2000, on commençait à parler d’émissions de CO2 et de changements climatiques. Les experts ayant rédigé ce rapport n’avaient peut-être pas encore totalement intégré quels seraient les enjeux d’aujourd’hui.
  • Il est cependant vrai que les aspects sociaux et environnementaux ont été largement sous- évalués et qu’EGAT et ses ingénieries locales n’ont pas mis en œuvre ce qui deviendra les fondamentaux de la justification d’ouvrages de cette taille.
  • La Thaïlande était alors en voie de sortir de la liste des pays en voie de développement : la Banque Mondiale, qui a financé seulement en partie le projet, considérait alors les conditions limites pour attribuer cette aide à EGAT.
  • Et les critères considérés essentiels par les défenseurs de l’environnement des pays occidentaux étaient alors sans doute jugés trop contraignants par les pays n’ayant pas encore atteint leur niveau de développement.
  • Il faut donc se soucier d’éloigner toute position sectaire, et plutôt tâcher de raison garder en conservant le bon sens comme guide des choix que la société doit faire pour préserver son avenir.

Avec le recul, et avec beaucoup d’humilité, on peut cependant tirer certaines conclusions :

  • Les objectifs sociaux sont essentiels pour que l’acceptation du projet, en particulier par la population locale impactée, soit réelle et effective
  • Les problèmes environnementaux, et en particulier les impacts négatifs du projet doivent être correctement évalués et les mesures compensatoires doivent être mises en œuvre et leur suivi assuré
  • La production d’électricité sur une base renouvelable doit être privilégiée et toute comparaison économique avec une production d’origine fossile n’a aucun sens. Les critères économiques doivent impérativement s’adapter aux réalités de durabilité des ressources de la planète
  • Le développement des populations est indissociable de leur possibilité de raccordement au réseau de distribution électrique. Ceci a été clairement exprimé lors des objectifs du millénium : les conditions sanitaires, l’éducation, le statut des femmes sont largement améliorés par l’accès à l’électricité. Les moyens de production et la sécurité de l’approvisionnement doivent être un souci constant pour les ingénieurs en charge de ce secteur. Les moyens d’y parvenir doivent être adaptés et l’humain doit être systématiquement placé au-dessus de toute autre considération.

Pierre Cochet, le 3/06/2020

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Pak Mun Thailande

Extrait du Texte de JP Huraut

Le barrage de Ubon Ratchatani, dont parle Jean Marie Fleury à l’occasion d’une mission en Thailande dans les années 70, est probablement l’aménagement de Pak Mun, dont les études d’alternatives se sont poursuivies pendant un certain temps,  car l’aménagement n’a été mis en service qu’en 1994, après changement du site initial, suivi par des études de projet détaillé, puis l’exécution et la supervision des travaux, le  tout réalisé par des équipes successives de Sogreah.(Note JPH)

Rappelons que Jean Marie Moreau qui a travaillé sur la plupart des grands aménagements hydrauliques conçus par Sogreah a lontemps séjourné en Thaïlande pour le barrage de Pak Mun.Le barrage de Pak Mun en Thailande fut inauguré en 1994.(Note CMT)

Barre vert prom haies

Le barrage de Pak Mun sur le site de EGAT

 

Electricity Generating Authority of Thailand (EGAT)

 

Pak Mun dam was constructed across the Mun River at Ban Hua Heo in Khong Chiam district, Ubon Ratchathani province.

http://www.egat.co.th/en/index.php?option=com_content&view=article&id=63&Itemid=117

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Clic sur la photo pour voir la carte

Source de la Photo: Site internet  EGAT

 

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Le barrage de Pak Mun

 

Clic sur la photo pour voir le barrage de Pak Mun

Le barrage a été inauguré en 1994

 

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Clic sur la carte pour localiser Pak Mun

 

Thailand

 

Barre vert prom haies

A suivre

 

Texte JPH stocké provisoirement ici pour future page Indonésie.

"J’ai eu ensuite l’occasion de travailler à nouveau avec Robert Lemoine pour les études préliminaires de variantes du barrage de Diama au Sénégal, mis en service en 1986.

Je n’ai pas d’autre information sur la carrière de Robert Lemoine, sinon qu’il a été quelque temps le représentant de Sogreah à la délégation de Paris probablement dans les années 70, et qu’il a participé aux études de petits aménagements hydroélectriques en Indonésie probablement au début des années 80. "

Note CMT.Oui avec Avec Louis Turrel qui a supervisé les réalisations de six Microcentrales à Java pour lesquelles j'ai effectué quelques calculs de rentabilité avec le fameux Internal Rate of Return(IRR).Taux de rentabilité Interne(TIR).

Contributions et Photos attendues des personnes qui ont travaillé sur ce barrage

 

Barre vert prom haies

 

 

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Date de dernière mise à jour : 2020-06-10