Télédétection Bernard Simon

De la télé détection à Paris

Jusqu’à nos relations à Singapour

 

Lorsque la France entreprit la construction de ses propres satellites d’observation de la terre pour en finir avec notre dépendance de la NASA, les responsables de ce projet firent appel à des spécialistes des différents domaines susceptibles d’être explorés à partir des images obtenues du satellite

En conséquence, il était nécessaire de leur demander leurs souhaits en matière de dimension des pixels et de préciser les informations qu’ils espéraient obtenir de cette nouvelle méthode d’investigation.

En matière d’agriculture, la société SPOT image fit appel entre autres au GERDAT et à l’ORSTOM et il me fut demandé de trouver quelques chercheurs compétents pour participer avec moi aux réunions de travail.

En effet, j’avais déjà une petite expérience de la question  car j’avais antérieurement suivi, au titre de la SEDES, les cours de photo-interprétation et d’initiation à la télédétection donnés à l’IEDES par le professeur Francis Ruellan, géographe physicien (1).

Ils avaient été suivis d’un stage de formation pratique à la société GEOTECNIP, filiale de l’Institut Français des Pétroles, très en pointe dans ce domaine pour ses recherches pétrolières. Enfin, je débarquais de SOGREAH, bureau d’études techniques, spécialiste en hydrologie et hydraulique, utilisateur déjà chevronné de photo-interprétation, télédétection et de moyens de calcul puissants (IBM 360) pour les implantations de barrages et ses modèles de simulation.

Ce passé m’avait conduit à défendre les propositions d’équipement des collègues engagés dans des recherches de ces domaines  pour obtenir l’achat de matériels nouveaux : perforateurs et lecteurs de cartes perforées, tables de digitalisation (scanners), ordinateurs. C’est pourquoi, je fus accompagné aux réunions de SPOT image par deux d’entre eux.

Passons sur le détail des débats portant surtout sur la taille du pixel qui devait passer de 20x20 m à 10x10 m ou même 5x5 m, sur l’emploi des fausses couleurs… souvent houleux et relancés sans cesse par un pédologue de l’ORSTOM d’origine belge, très compétent mais peu accessible à la contradiction. Ces réunions étaient animées par un des responsables de SPOT image, Gérard Brachet (2) Jeune polytechnicien sympathique et brillant, que je ne revis jamais mais dont je fis connaissance de l’épouse bien des années plus tard par un bien improbable hasard.

En effet, en juin 1980, plusieurs membres du GERDAT dont votre serviteur, faisions partie de la délégation qui accompagnait le Secrétaire d’Etat à l’Agriculture, René SOUCHON, aimable élu auvergnat, issu de l’enseignement technique, parfaitement incompétent, dans une mission de « bons offices en Thaïlande, Malaisie ; Singapour et Indonésie.

A Singapour, nous étions deux à avoir eu des discussions d’ordre économique avec une jeune, jolie et intelligente singapourienne des services du Ministère de l’économie et du plan : Daisy Goh. Elle était restée dans nos souvenirs car elle tranchait sur l’uniformité  de nos autres interlocuteurs, tous plus « chinois » les uns que les autres.

Or, quelques temps plus tard, Daisy Goh fut affectée au service économique de l’ambassade de Singapour à Paris. Comme j’avais conservé des relations avec cette ambassade, Daisy Goh me téléphona pour renouer nos contacts. Je me rendis à son invitation et la trouvais en compagnie d’une de ses bonnes amies qui n’était autre qu’Enfoon Brachet, l’épouse de mon Brachet, devenu entretemps Directeur Général de SPOT image.

Ce rapprochement imprévu entraina des échanges plus cordiaux que professionnels et j’allais à plusieurs reprises prendre le thé avec ces dames… sans en informer mes collègues !

Mais, tout agréables qu’elles fussent, ces relations ne durèrent pas car le GERDAT n’avait pas à l’époque d’ambition de coopération avec Singapour.

Elles ne connurent en effet, un début de reprise qu’avec l’université  de Singapour en génétique de l’hévéa en 1988/89.

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*1* Le professeur Francis Ruellan était un spécialiste du Brésil. Il avait été longtemps professeur à l’Université de Rio de Janeiro et avait dirigé en 1947 la première mission de recherche d’une l’implantation possible pour la future capitale du pays : Brasilia. Il était le père d’Alain Ruellan, le pédologue et futur directeur de l’ORSTOM (1982-86) puis du CNEARC (1987-96). 

*2* C’est l’annonce du décès de la mère de Gérard Brachet en août 2014 à Lyon où le prénom de son épouse Enfoon, était mentionné, qui m’a conduit à conter cette anecdote.

 

Bernard SMON  Août 2014

Page publiée le 20 Septembre 2017

 

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Date de dernière mise à jour : 2017-09-20