Chongqing Décembre 1997

DANS LES MARECAGES DU YANG TSE QIANG

CHONGQING  8 DECEMBRE 1997

Il était environ 17 h, ce jeudi 8 Décembre 1997, lorsque l'avion amorça sa descente sur l’aéroport de Chongqing. Lucien n’eut pas le temps de terminer l’article qu’il avait trouvé dans un petit guide acheté la veille de son départ . Il en était au paragraphe qui décrivait le projet de barrage des trois gorges : «  A 600 km en amont du barrage des Trois Gorges, Chongqing est l’une des quatre «villes-province» de Chine qui passe l’été dans la fournaise et l’ hiver dans le brouillard et la pollution. Pieuvre urbaine grouillante et insalubre…..,».Il était donc prévenu de ce qui l’attendait. Pas fâché d’ailleurs de venir travailler dans un pays où tout serait nouveau pour lui.

Avion

 Mais lorsque ,par le hublot, Lucien entrevit quelques pans de la ville à travers l’épais brouillard qui enveloppait l’avion, il n’en crut pas ses yeux. Tout au long du Yangtzé, on pouvait voir les panaches de fumée blanche qui s’échappaient des grandes cheminées en brique des usines .Elles lui rappelèrent celles de la vallée de la Moselle entre Hagondange et Thionville dans les années soixante. On pouvait mieux distinguer maintenant de grands immeubles de béton et de verre qui émergeaient ça et là des vieux quartiers chinois aux larges tuiles noircies par l’âge et la pollution. Au droit de chaque usine, on pouvait apercevoir les coulées blanches de produits chimiques et de lait de chaux qui dégoulinaient le long des hautes berges avant de s’étaler dans l’eau jaune du fleuve. Il s’expliquait mieux maintenant le nom qui avait été donné au projet qui l’amenait au beau milieu de la province du Sichuan :CUEP-Chongqing Urban Environment Project.

Le long des 6000 kilomètres de son cours, du Tibet à Shangaï Le Yangtzé change quatre fois de nom. Quand, chargé de sable il déboule dans le bassin rouge à Chongqing, il a dévalé l’Himalaya, coulé vers le sud, rebroussé chemin vers le nord, et zigzagué dans les montagnes du Sichuan. Il lui reste encore à parcourir 700 kilomètres encaissé au fond d’immenses gorges sauvages avant de parvenir à la grande plaine qu’il surplombe parfois de plusieurs mètres et où il provoque des crues meurtrières. L’idée de retrouver dans quelques instants Maïdire, Sungam et Yrag autour d’un hot-pot lui réchauffa le cœur et lui fit oublier un instant le spectacle dantesque entrevu par le hublot.

Abasourdi par les onze heures passées dans l’avion de Paris à Pékin et mal remis d’un plat inconnu avalé une heure plus tôt, il sortit tant bien que mal de l’aéroport au milieu d’une foule d’hommes et de femmes emmitouflées dans de longs pardessus qui leur descendaient jusqu’aux talons. Pour le changement se dit-il, je suis servi. Ce fut lorsqu’il s’approcha d’un taxi qu’il se rendit compte qu’il ne trouvait pas le papier sur lequel mr Tchou avait écrit l’adresse de l’hôtel où il devait se rendre.

A suivre…

C. MOINET - 9 Avril 1998

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Date de dernière mise à jour : 2016-03-17